Le numérique responsable passe souvent pour un sujet de communication. Pour une DSI d’établissement de santé, d’ESMS ou de collectivité, il commence pourtant dans le parc : des postes renouvelés plus tôt que nécessaire, des serveurs qui tournent jour et nuit pour une seule application. Voici les leviers que vous maîtrisez déjà et ce que la loi impose aux collectivités. Nous expliquons aussi ce que nous faisons, de notre côté, en tant qu’éditeur.
En bref
- L’essentiel de l’empreinte du numérique vient des terminaux. Prolonger leur durée de vie reste donc le levier le plus direct.
- Depuis le 1er janvier 2025, les communes et EPCI de plus de 50 000 habitants doivent disposer d’une stratégie numérique responsable (loi REEN).
- Un inventaire à jour, moins de serveurs locaux et des comptes nettoyés réduisent l’empreinte sans projet lourd.
- Le RGESN propose 78 critères pour interroger vos éditeurs.
Numérique responsable : pourquoi la DSI est en première ligne
Quand on parle d’empreinte du numérique, on pense d’abord aux datacenters et au streaming. Les travaux menés par l’ADEME et l’Arcep ont pourtant montré que les terminaux pèsent le plus lourd dans l’empreinte carbone du numérique. Autrement dit, les ordinateurs, écrans et téléphones que vous achetez sont au cœur du sujet.
Or c’est la DSI qui arbitre ces achats. Elle décide aussi du rythme de renouvellement, du mode d’hébergement des applications et de la durée de vie des comptes. Le numérique responsable n’est donc pas un projet à part : il se joue dans des décisions que vous prenez déjà chaque année.
Pour suivre le sujet, l’Arcep et l’ADEME ont par ailleurs lancé fin 2024 un observatoire des impacts environnementaux du numérique. Il sert de base de données publique et sourcée, utile pour étayer une note à votre direction.
Ce que la loi REEN impose aux collectivités
La loi du 15 novembre 2021 visant à réduire l’empreinte environnementale du numérique, dite loi REEN, vise directement les collectivités. Son article 35 concerne les communes et les EPCI à fiscalité propre de plus de 50 000 habitants. Ces collectivités devaient d’abord élaborer un programme de travail avant le 1er janvier 2023. Ensuite, elles devaient définir une stratégie numérique responsable au plus tard le 1er janvier 2025.
Cette stratégie fixe des objectifs de réduction de l’empreinte environnementale du numérique. Elle précise aussi les mesures prévues pour les atteindre. Toutefois, beaucoup de collectivités ont pris du retard : selon l’observatoire Data Publica, à l’été 2024, seules 20 % des collectivités concernées en avaient adopté une.
Votre commune compte moins de 50 000 habitants ? Dans ce cas, l’article 35 ne vous oblige à rien. L’ANCT accompagne néanmoins des communes bien plus petites, dont une commune d’environ 1 800 habitants dans la Manche. De même, un établissement de santé ou une association peut appliquer les mêmes leviers sur une base volontaire.
Premier levier : allonger la durée de vie du parc
Savoir ce que vous possédez
On ne prolonge pas ce que l’on ne connaît pas. Sans inventaire fiable, le renouvellement se fait par lots, par habitude, parfois dans l’urgence d’une panne. Un poste encore performant part alors au rebut en même temps qu’un poste à bout de souffle.
C’est pourquoi la première étape d’une démarche de numérique responsable reste l’inventaire. Dans Isi-Informatique, l’agent Isi-OCS remonte automatiquement les PC, serveurs et machines virtuelles, avec une synchronisation toutes les 4 heures. Vous partez ainsi d’une photo à jour du parc, et non d’un tableur oublié. Pour une mairie, notre méthode d’inventaire du parc informatique en 5 étapes détaille la démarche.

Renouveler sur des critères, pas sur un calendrier
Une fois le parc connu, vous pouvez trier. Certains postes méritent simplement un ajout de mémoire ou un SSD. D’autres peuvent être réaffectés à des usages moins exigeants, par exemple un poste d’accueil ou une salle de formation. Enfin, ceux qui partent peuvent rejoindre une filière de réemploi plutôt que la benne.
Deuxième levier : un numérique responsable passe par moins de serveurs locaux
Un logiciel hébergé en interne mobilise au moins un serveur. Ce serveur tourne en continu, il faut le sauvegarder, le refroidir et le mettre à jour, même si l’outil ne sert que quelques heures par jour. Multipliez ce schéma par le nombre d’applications métier, et la salle serveur se remplit vite.
À l’inverse, une application SaaS partage la même infrastructure entre de nombreux clients. Soyons honnêtes : le SaaS a lui aussi une empreinte. En revanche, il la mutualise, au lieu de la reproduire dans chaque établissement.
Isi-APP repose sur ce modèle. La plateforme est hébergée en France, à Grenoble et Lyon, chez un infogérant certifié HDS niveau 5, sur deux datacenters en plan de reprise d’activité. Notre page sécurité détaille cet hébergement. Dans notre comparatif GLPI et Isi-APP, nous indiquons qu’Isi-APP a permis de supprimer près de 100 serveurs internes chez ses clients.
Troisième levier : des comptes et des licences à la bonne taille
Un compte qui reste actif après un départ n’est pas seulement un risque de sécurité. Il peut aussi occuper une licence, une boîte aux lettres et de l’espace de stockage, sans aucune utilité. Dans les structures où le personnel tourne beaucoup, ces comptes orphelins s’accumulent vite.
Le module Isi-Identité, développé en collaboration avec Youzer, traite ce problème à la source. D’une part, les départs sont programmés : le compte est désactivé automatiquement à la date choisie. D’autre part, la réconciliation des listes d’utilisateurs maintient les annuaires à jour et aide à réduire le coût des licences. Pour cadrer la sortie d’un collaborateur, vous pouvez également vous appuyer sur un formulaire de départ utilisateur.
Quatrième levier : questionner vos éditeurs avec le RGESN
Une grande partie de votre empreinte dépend de logiciels que vous ne développez pas. Le référentiel général de l’écoconception des services numériques (RGESN) vous donne une grille pour en parler avec vos fournisseurs. Publié le 17 mai 2024 par l’Arcep et l’Arcom, il a été élaboré avec l’ADEME, la DINUM, la CNIL et Inria. Il compte 78 critères.
Parmi ses axes figurent l’allongement de la durée de vie des terminaux et la limitation des stratégies de captation de l’attention. Vous pouvez ainsi demander à un éditeur si son application fonctionne sur des postes anciens, où elle est hébergée et s’il a mené une évaluation au regard du référentiel. Ces questions trouvent naturellement leur place dans un cahier des charges.
Notre démarche d’éditeur pour un numérique responsable
Les leviers décrits plus haut, nous les appliquons d’abord à nous-mêmes. Chez Isi-APP, nous privilégions les ordinateurs reconditionnés lorsque nous équipons l’équipe. Nous gardons aussi notre matériel longtemps : un ordinateur portable reste en service environ 7 ans chez nous. C’est la mesure la plus simple à notre portée, et elle porte justement sur la part la plus lourde de l’empreinte du numérique.
Par ailleurs, en mars 2025, Isi-APP a annoncé être devenue actionnaire de Team for the Planet. Cette entreprise à mission finance des innovations destinées à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Nous avons fait ce choix parce qu’un éditeur de logiciels peut aussi contribuer au-delà de son propre produit.

Ce geste ne remplace pas le travail sur notre plateforme. Nous préférons donc citer ce que nous pouvons montrer : du matériel reconditionné et conservé environ 7 ans, un hébergement mutualisé en France plutôt qu’un serveur par client, et des fonctions qui aident nos clients à mieux connaître leur parc. Le reste relève de vos choix, et c’est sans doute là que se joue l’essentiel.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le numérique responsable pour une DSI ?
C’est une démarche qui vise à réduire l’empreinte environnementale du système d’information. Pour une DSI, elle porte surtout sur la durée de vie des équipements, le mode d’hébergement des applications et la gestion des comptes et des licences.
Ma commune doit-elle adopter une stratégie numérique responsable ?
Oui, si elle compte plus de 50 000 habitants. La même obligation vise les EPCI à fiscalité propre au-delà de ce seuil, avec une échéance fixée au 1er janvier 2025 par l’article 35 de la loi REEN. En dessous, la démarche reste volontaire, et l’ANCT accompagne aussi de petites communes.
Un logiciel SaaS est-il plus sobre qu’un serveur interne ?
Pas automatiquement. Un SaaS mutualise l’infrastructure entre ses clients, ce qui évite de faire tourner un serveur dans chaque structure. Son impact dépend toutefois de l’hébergeur et de la conception du logiciel : demandez ces informations à l’éditeur.
À quoi sert le RGESN ?
Le RGESN est un référentiel public de 78 critères pour concevoir des services numériques plus durables. Une DSI peut s’en servir pour évaluer ses propres outils ou pour questionner ses fournisseurs lors d’un appel d’offres.